Depuis plusieurs années, Haïti est plongée dans une spirale de violence qui ne cesse de s’aggraver. Les quartiers populaires brûlent, les familles se déplacent par milliers, et les gangs imposent leur loi dans l’indifférence des autorités. Mais il faut avoir le courage de le dire : cette insécurité n’est pas seulement tolérée par l’État haïtien, elle est entretenue, organisée et exploitée comme un véritable moteur économique.
Les dirigeants haïtiens ont trouvé dans la violence un outil de survie politique et financière. Chaque balle tirée, chaque maison incendiée, chaque famille contrainte à l’exil devient un prétexte pour quémander davantage de subventions. Loin d’être combattue, l’insécurité est devenue une marchandise. Un marché de la peur qui profite aux élites corrompues, aux proches du pouvoir, et à certains acteurs internationaux qui préfèrent maintenir Haïti dans la dépendance plutôt que de l’accompagner vers une véritable souveraineté.
Je, Rood-Nedlon SEBASTIEN, affirme sans détour : l’État haïtien a fait le choix cynique de pactiser avec les gangs, de faire de la mort et de la misère des instruments de gouvernance. Car dans cette logique perverse, la souffrance du peuple est une manne. Les déplacés servent de vitrine médiatique, les massacres deviennent des chiffres pour justifier de nouvelles aides, et les dirigeants, confortablement installés dans leurs privilèges, n’ont aucun intérêt à changer ce système qui les nourrit.
Le peuple haïtien est pris en otage par un pouvoir sans vision, qui a remplacé l’éducation par la peur, l’emploi par l’exil, la sécurité par le chaos. Les jeunes, pourtant bourrés de talents, sont condamnés à vendre leurs forces de travail à l’étranger pendant que les autorités transforment l’insécurité en rente.
Il est temps d’arracher les masques. L’insécurité en Haïti n’est pas un mal subi : c’est une stratégie, une économie planifiée, une complicité entre dirigeants corrompus et bailleurs étrangers complaisants. Tant que ce système existera, le peuple restera prisonnier et Haïti continuera à s’enfoncer.
Enfin, l’heure n’est plus aux discours creux ni aux promesses diplomatiques. Le peuple haïtien doit comprendre que son avenir est volontairement pris en otage par une élite corrompue et ses complices internationaux. Tant que nous accepterons ce système où l’insécurité sert de banque pour les dirigeants, rien ne changera. Il revient à chaque citoyen de refuser cette logique de terreur transformée en économie, de briser le cycle de dépendance et de réclamer des comptes à ceux qui utilisent notre souffrance comme fonds de commerce. Haïti ne pourra renaître que lorsque l’on arrachera l’arme économique de l’insécurité des mains de ceux qui s’enrichissent de notre douleur.
Rood-Nedlon SEBASTIEN
Géographe Aménageur, Juriste
Citoyen engagé dans la société civile